Etats généraux de la presse: les positions se lézardent

"«Les préoccupations du PPT sur les états généraux de la presse»  

 « La principale crainte dans la perspective de la tenue des états généraux de la presse est qu’une partie des acteurs des médias boycotte les assises, sous prétexte de leur marginalisation. Cette crainte est susceptible de faire surface dans le suivi des recommandations si les dynamiques consensuelles et inclusives ne sont pas mises en avant ».

 Ce constat contenu au point 2.4 des documents préparatoires des Etats généraux établis par le comité scientifique est amer et constitue l’obstacle N°1 pour la bonne tenue de cette rencontre qui a pour but de faire renaître la presse togolaise de ces cendres.

 Dans un précédent document en date du 14 avril 2014, le Patronat de la Presse Togolaise (PPT) avait fait part de ses inquiétudes sur le processus d’organisation des états généraux de la presse, en mettant l’accent sur la marginalisation de certaines organisations professionnelles, la précipitation et l’improvisation avec laquelle le ministère de la communication compte évacuer ce projet.

 Aujourd’hui, l’histoire nous donne raison face aux différentes irrégularités de fond et forme qui entachent ce processus et qui ne semblent pas être perçues par les organisateurs.

Ces dysfonctionnements ne rassurent, ni les journalistes, ni les partenaires, ni l’opinion qui sont tous préoccupés par la situation de la presse togolaise.

 1-    La journée d’échanges 

Pour le PPT, cette journée d’échanges avait été un échec, les différents acteurs, les journalistes n’ayant pas réussi à s’entendre sur son objectif, celui de voir si l’organisation des états généraux de la presse était opportune et à quelles conditions.

 Mais ce qui est constant est que, face aux critiques des journalistes, le comité scientifique a promis de mettre à la disposition des organisations de presse, le document de base qu’un comité d’organisation, différent du comité scientifique, mettra en œuvre. Ce qui n’a pas été fait.

Ce n’est qu’après plus d’une semaine que le PPT a été invité à déléguer un représentant pour siéger dans un comité d’organisation dont le bureau n’est autre que le reliquat du comité scientifique. Ce bureau a été imposé aux autres membres du comité. Il en sera de même pour le présidium des états généraux dont les membres sont déjà désignés par le comité d’organisation.

 2-    Le document scientifique

Le principe de transparence recommande que le document scientifique soit mis à la disposition de toutes les organisations de presse. Mais force est de constater que le document remis au représentant du PPT n’aborde pas tous les problèmes qui se posent à la presse togolaise. En plus, il n’y a jamais eu de débat de fond sur le fameux document scientifique. Mieux ce document est devenu une vérité d’évangile que personne ne doit toucher.

 3-    Les réunions préparatoires

D’après les informations obtenues des différentes réunions préparatoires, les inquiétudes soulevées par certaines organisations professionnelles et certains participants ne trouvent pas de réponses, mais plutôt vite escamotées, sous le fallacieux prétexte que le « temps presse ». Ce qui les réduit à un rôle de faire-valoir.

 4-    La marginalisation

En parcourant les documents de base du comité d’organisation, il est constaté que plusieurs associations, journaux, et sites internet sont marginalisés.

 A une semaine de ces états généraux, un flou artistique entoure les préparatifs des états généraux de la presse. Pour preuve, le PPT ne maîtrise toujours pas les critères qui motivent le choix des participants. Aussi, le Patronat estime-t-il à juste titre que cela est fait à dessein dans la mesure où un comité est chargé d’empêcher des journalistes qui ne seraient pas éventuellement invités d’avoir accès à la salle. Le PPT trouve cela comme une aberration.

5-    Le financement

Le PTT a appris que le projet est fiancé par le gouvernement, le HCDH, le PNUD et d’autres partenaires. Mais le montant global du budget, la contribution du gouvernement et celle des partenaires n’ont pas été dévoilés à ce jour. C’est d’ailleurs un aspect du projet qui est jalousement protégé. Le PPT ne sait donc pas dans quelles conditions financières le projet est exécuté et la façon dont les fonds seront gérés. Ce qui nous amène à porter des réserves pour éviter d’être associer à une mauvaise gestion des fonds.

 Face à toutes ces réserves portées sur le processus des états généraux de la presse, le PPT ne maîtrise pas les contours organisationnels, financiers, matériels, techniques, chronologiques et politiques de ce projet.

 Autant toutes les décisions sont imposées aux membres du comité, autant il est à craindre que les recommandations qui seront issues de cette rencontre soient préfabriquées et imposées aux journalistes.

 Par conséquent, le Patronat de la Presse Togolaise suspend sa participation aux états généraux de la presse qui se tient à Kpalimé à partir du 30 juin 2014, et retire de ce fait son représentant du comité d’organisation.

Le PPT reste ouvert à toutes les discussions et à toutes les initiatives qui sont susceptibles de contribuer à l’émergence d’une presse libre, indépendante et financièrement viable au Togo.

Fait à Lomé, le 24 juin 2014

Le PPT".

 

Afriquinfos

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