Soro / ADO : de la bataille politique à l’empoignade judiciaire

Soro & Ouatarra

Abidjan (© 2020 Afriquinfos) –  Bien qu’absent d’Abidjan, Guilaume Kigbafori Soro (GKS) a été condamné mardi à 20 ans de prison et 4,5 milliards de F Cfa d’amende pour détournement de recel de deniers publics. Pour l’ancien Président président de l’Assemblée nationale ivoirienne en exil à Paris, la main derrière cette « parodie de procès » n’est autre que celle de son ancien allié, le président Alassane Ouattara qui souhaite sa « mise à mort politique ». Pour « GKS », cette condamnation est un non évènement et sa candidature au scrutin présidentiel d’octobre 2020 est maintenue.   

Rien ne va plus entre Guillaume Soro et son ancien allié politique, Alassane Ouattara. Ca on le savait déjà depuis que le député de Ferké a nourri l’ambition de briguer la magistrature suprême et a, dans la foulée quitté le RDHP et été contraint de quitter le perchoir sur « ordre » du Président ivoirien. S’en suivront ses ennuis judiciaires, son inculpation pour des chefs d’accusation de, détournement de deniers publics ou encore d’atteinte à la sûreté de l’Etat ou encore le refus de voir son avion atterrir à Abidjan. Des faits que l’ancien, président de la FESCI, a toujours sur le compte d’une cabale contre sa personne.

Aussi, après sa condamnation mardi par la justice, l’ancien patron du Parlement ivoirien n’a pas hésité à tirer à boulet rouge sur le Chef d’Etat, Alassane Ouattara qu’il accuse d’être à la base de ses déboires. « C’est une sentence qui ne nous émeut absolument pas. La parodie de procès à laquelle nous avons assisté ce jour est la preuve ultime que l’Etat de droit est définitivement enterré par Alassane Ouattara. Cet homme qui porte aujourd’hui avec beaucoup d’aisance les habits de dictateur, qui soumet la justice à sa botte et commande des sentences de mise à mort politique contre ses rivaux afin de les exclure de la compétition électorale, incarne la pire version du dirigeant africain. Il a bien vite oublié que cette justice qu’il manipule aujourd’hui est la même qui l’avait décrété il y a quelques années, inéligible à toute élection en Côte d’Ivoire, pour nationalité et moralité douteuses. Même être député, lui était impossible. La suite nous la connaissons tous: il est devenu président », a réagi l’ancien Leader des Forces Nouvelles sur sa page Facebook. Pour Guillaume Soro, rien ne pourrait l’empêcher de se présenter à la prochaine élection présidentielle « Je lui dis que cette décision ne nous ébranle pas. Je considère ce verdict comme un non-événement, je maintiens ma candidature à la présidentielle et je demande à tous mes partisans de demeurer mobilisés et de continuer le travail de mobilisation et d’implantation. Notre victoire ne fait aucun doute. Nous gagnerons la prochaine élection présidentielle, c’est une certitude » a martelé le député de Ferkè.

Notons que cette condamnation de Guillaume Soro intervient quelques jours après une décision en sa faveur de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (Cadhp). La CADHP a ordonné à l’Etat de Côte d’Ivoire de surseoir au mandat d’arrêt émis contre l’ancien Président de l’Assemblée nationale et de libérer immédiatement les proches de l’ancien président de l’Assemblée Nationale. L’ordonnance de la juridiction fait également injonction à la justice ivoirienne de suspendre les procédures engagées à l’encontre du député de Ferké et de ses partisans. Ce, à quoi, l’Etat ivoirien avait répondu qu’elle maintenait les charges contre Guillaume Soro. Le bras de fer entre Guillaume Soro et Alassane Ouattara, est loin d’être fini.

S.B.

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