Sénégal: liberté provisoire pour un militant antisystème en prison depuis 3 mois

La justice sénégalaise a accordé mardi la liberté provisoire au militant antisystème sénégalais Guy Marius Sagna, en détention préventive depuis son arrestation il y a trois mois lors d’une manifestation contre la hausse du prix de l’électricité, a-t-on appris auprès l’un de ses avocats.

« La liberté provisoire est confirmée », a déclaré à l’AFP cet avocat, El Amadou Sall, sans préciser si son client était déjà sorti ou non de la principale prison de Dakar où il était détenu.

Guy Marius Sagna, un des militants les plus connus du Sénégal, a été interpellé le 29 novembre lors d’une action de protestation contre l’augmentation du prix de l’électricité devant les grilles du palais présidentiel de Dakar, une zone où toute manifestation est interdite depuis 2011.

Les huit manifestants interpellés en même temps que lui ont depuis lors été remis en liberté provisoire, tout en restant inculpés de « participation à une manifestation non autorisée ».

Figure de proue du mouvement « Frapp-France Dégage » (Front pour une révolution anti-impérialiste populaire et panafricaine), qui dénonce notamment le franc CFA, Guy Marius Sagna est en outre inculpé de « rébellion » et de « provocation à un attroupement non autorisé », selon un autre de ses avocats, Moussa Sarr.

Des manifestations ont été organisées ces derniers mois pour réclamer l’élargissement de M. Sagna, dont plusieurs demandes de liberté provisoire ont été rejetées.

Des organisations de défense des droits humains, dont la Ligue sénégalaise des droits de l’homme et la section sénégalaise d’Amnesty International, ont dénoncé un « acharnement notoire » et réclamé sa libération. L’ancien archevêque de Dakar, le cardinal à la retraite Théodore Adrien Sarr, s’est lui aussi ému la semaine dernière du sort de ce membre de la minorité chrétienne, selon la presse sénégalaise.

Le Sénégal fait figure de modèle démocratique en Afrique mais des manifestations de l’opposition et des syndicats y sont parfois interdites et réprimées, donnant lieu à des violences.

Les autorités justifient ces interdictions notamment par le besoin d’éviter des « troubles » alors que l’opposition et la société civile affirment se prévaloir de la liberté de manifester, inscrite dans la Constitution.

© Agence France-Presse

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