‘Neptune Terminus’, 6è album studio de Youssoupha qui explore de nouveaux sentiers

Abidjan (© 2022 Afriquinfos)- Une année après la sortie de « Neptune Terminus », son sixième album, le rappeur Youssoupha le réédite avec dix nouveaux titres sur un autre volet baptisé « Origines ». Le rappeur de 42 ans s’y raconte, avec une sonorité très africaine parfois, sur des rythmes d’amapiano, hybride de jazz, de house et de hip-hop, un genre venu d’Afrique du Sud et qui déferle sur le monde. Et comme toujours avec Youssoupha, la musique nourrit un message fort, universel et anti-raciste.

Il y a un an, au milieu d’une énième polémique lancée par l’extrême droite, concernant cette fois son hymne écrit pour les Bleus à l’Euro de foot, le rappeur Youssoupha sortait son sixième album studio, Neptune Terminus. Ce 8 avril 2022, Il y a ajoute un autre volet, baptisé ‘’Origines’’, pensé comme un avant-propos.

La différence entre les deux chefs-d’œuvre, c’est que  « après avoir décrit tout ce qui m’entoure, je me décris un peu plus sur cette version. Peut-être qu’inconsciemment, c’est la frustration de ne pas être en tournée. Au moment où je fais cette nouvelle mouture de mon album, d’habitude, dans mon horloge biologique, je suis censé être sur scène. La scène se ressentait peut-être en studio, c’est vrai que ça sonne bien pour du live », a indiqué le chanteur d’origine congolaise.

Dans ce projet lancé depuis Abidjan, où il vit avec sa famille depuis six mois, l’artiste met le rap en orbite. Il en profite également pour faire le point sur son parcours et sur ce qui restera dans le regard de ses enfants.

Ce changement de décor lui a permis « de déplacer les points de vue », comme il l’explique. Dans le morceau Meilleur, il rend ainsi hommage à sa mère, classique chez les rappeurs, et à son épouse, la mère de ses enfants, chose rare.

« L’épouse, et mère de nos enfants, thème peu abordé, permet de se remettre en cause, de prendre de la hauteur, de faire l’état des lieux, de parler de gens qui m’ont rendu meilleur », développe cette figure du rap conscient.

Le « regard de mes enfants est devenu important, le temps qui passe agit », ajoute le quadragénaire. « Ceux qui disent: Moi, je n’ai jamais changé, je trouve ça hyper-triste. Moi, je veux évoluer, mettre de la nuance ».

Alors qu’il s’interroge sur le bien qu’il a pu répandre autour de lui, on lui rapporte les propos de MC Solaar l’année dernière: « Quand je ne faisais rien, il y a quelqu’un qui me surmotivait, qui m’envoyait des messages pour me faire revenir à la musique, c’était Youssoupha ». Sans oublier que MC Solaar veut collaborer avec lui.

« MC Solaar, c’est un phare pour moi. A ce niveau de validation, on est dans le ‘maman, j’ai réussi’, souffle Youssoupha. Il a inspiré ma manière d’écrire, je lui dois de l’argent en fait (rires) ».

Comme son illustre aîné, le « lyriciste bantou », un de ses surnoms, pose un regard à 360° sur l’industrie musicale. Son titre d’ouverture s’appelle Amapiano, nom de ce son électro aux synthés planants parti des townships d’Afrique du Sud pour se retrouver sur les platines des DJs à Paris, Londres ou Manhattan.

« On vit un moment clé pour la diffusion de la musique venue d’Afrique, décortique-t-il. C’est dû à la globalisation à travers le digital, mais surtout à la façon dont la musique africaine s’est décomplexée ».

« L’Afrique anglophone est plus avancée, pas dans les propositions musicales, mais dans l’approche, ça casse beaucoup de murs, ça va inspirer le reste du continent », prédit-il.

Youssoupha pose le même regard analytique sur ce qui se passe en France, où il revient régulièrement. Y compris les polémiques qui l’ont concerné. Comme quand le Rassemblement national (RN) dénonce sa chanson pour l’équipe de France de football avant le dernier Euro.

V.A.

 

 

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