Le monde attend les preuves du Mali sur le soutien présumé de Paris aux terroristes au Sahel

Bamako (© 2022 Afriquinfos)- Le 16 août 2022, les autorités de transition malienne avaient saisi et porté plainte contre la France devant le Conseil de Sécurité, en réclamant la tenue d’une réunion d’urgence visant à faire un point sur la situation dans le pays. Bamako qui a réitéré ses allégations à la Tribune de l’ONU le 24 septembre dernier, accuse Paris, d’avoir fourni armes et renseignements à des groupes terroristes. Mais jusque-là, les preuves que la junte militaire dit détenir, n’ont toujours pas été rendues publiques. Mardi dernier encore, Abdoulaye Diop, Chef de la diplomatie malienne, a réitéré ces accusations. Donnant lieu à une joute verbale entre le Représentant de la France au Conseil de Sécurité de l’ONU et lui…

Quelques jours avant sa remarquée intervention à New York, le Colonel Abdoulaye Maïga, Premier ministre par intérim, s’exprimait à l’Office de Radiodiffusion Télévision nationale du Mali (ORTM), et réitérait les accusations portées le 16 août contre la France. Selon lui, ‘’les autorités françaises se sont rendues coupables de beaucoup de choses: violations intempestives de notre espace aérien, en plus de cela, elles ont fourni des renseignements et des armes à des groupes terroristes’’. Ajoutant que ‘’cette attitude des autorités françaises est grave et de la part d’un pays membre du Conseil de sécurité des Nations Unies, nous avons introduit une plainte avec toutes les preuves à l’appui ‘’.

Le Chef du gouvernement malien laissait également entendre: ‘’Nous avons encore d’autres preuves qui seront présentées à la suite de cette session spéciale du Conseil de sécurité des Nations Unies, que la communauté internationale et le monde découvrent comment un état membre du Conseil de sécurité se comporte’’, avait-il fait savoir. A la tribune de l’ONU, le Colonel Abdoulaye Maïga en a remis une couche, dénonçant ‘’l’obscurantisme de la junte française, qui a violé l’espace aérien malien en y faisant voler des vecteurs aériens tels que des drones, des hélicoptères militaires et des avions de chasse, plus d’une cinquantaine de fois, en apportant des renseignements, des armes et munitions aux groupes terroristes’’.

De graves accusations pour lesquelles Bamako soutient mordicus détenir des preuves qu’il présentera au moment opportun. Selon les dirigeants maliens, ces preuves seront présentées au monde au cours d’une réunion d’urgence du Conseil de Sécurité. Sauf que cette réunion tarde à être organisée.

Dans une correspondance adressée au Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies, Antonio Guterres, le samedi 10 septembre 2022, des organisations des Sociétés civiles et des diasporas de 15 pays africains d’expression française ont exhorté la tenue de la réunion d’urgence du Conseil de sécurité, telle que sollicitée par le Mali, ainsi que l’inscription de la plainte de Bamako contre la France à l’ordre du jour de la 77ème session de l’Assemblée générale de l’ONU. Ces OSC estiment que la question du terrorisme sur laquelle le Mali accuse la France est si grave qu’il est important que toute la lumière soit faite là-dessus. En attendant, Bamako continue de tirer à boulets rouges sur Paris.

Le 18 octobre dernier, alors que se tenait une réunion du Conseil de Sécurité des Nations Unies, Abdoulaye Diop a, à nouveau, pointé un doigt accusateur vers la France. Selon le membre du Gouvernement malien, Paris aurait violé l’espace aérien malien et livré des armes à des combattants islamistes. Des accusations que l’ambassadeur français auprès de l’ONU, Nicolas de Rivière, n’a pas voulu laisser passer. Il conteste toute violation du cadre juridique bilatéral, et s’est insurgé contre des ‘’accusations mensongères et diffamatoiresAccusations graves et infondées. La France n’a jamais violé l’espace aérien malien’’, a-t-il martelé.  

Abdoulaye Diop lui, n’en démord pas, une fois de plus, il a demandé la tenue d’une réunion spécifique du Conseil de sécurité ‘’afin de nous permettre de présenter les preuves des actes d’espionnage et de déstabilisation menés par la France« . Mieux, le Ministre malien des Affaires étrangères a précisé que ‘’l’État malien amènera à la face du Conseil de sécurité et à la face du monde des preuves tangibles de ce que nous mettons en avant’’, a-t-il déclaré. Avant de conclure qu’il souhaite que la France porte cette demande de réunion spéciale.

Pour de nombreux observateurs, cette insistance des autorités maliennes de transition de convoquer une réunion spécifique pour présenter leurs preuves frise le ridicule. Ce ne sont pas les occasions qui leur ont manqué pour le faire. Autant la Tribune des Nations Unies que la réunion du Conseil de Sécurité de mardi dernier. Un simple courrier listant les fameuses preuves, adressé au Secrétariat de l’ONU en amont de ces différentes assises, était aussi envisageable. De quoi faire dire aux détracteurs de la junte militaire malienne que leurs accusations ne reposent sur aucune base solide.

Afriquinfos

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