Le Forum de Riyad pour faire oublier Kashoggi et relancer l’économie saoudienne

Riyad (© 2019 Afriquinfos)  Le forum économique de Riyad s’est ouvert mardi dernier et s’achève ce jeudi. Mais déjà, Mohammed Ben Salman peut se réjouir vu comment ça se bousculait au portillon après une édition 2018 où il ne faisait pas bon de s’afficher au côté du prince héritier après le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi. De fortes délégations africaines conduites par des Chefs d’Etat, de nombreux chefs d’entreprises et décideurs mondiaux ont fait le déplacement du 3ème Davos du Désert.

Alors qu’ils n’étaient que deux en 2018, quatre Chefs d’Etat africains ont pris cette année part au Forum économique de Riyad. Muhammadu Buhari, Uhuru Kenyatta, Denis Sassou Nguesso et Mahamadou Issoufou seront au premier rang de ces assises. Des nombreuses délégations ministérielles sont aussi de la partie à l’instar de celle de l’Egypte conduite par Sahar Nasr, ministre   de l’Investissement et de Coopération internationale et du Mali conduite par Safia Boly, ministre de la promotion des investissements privés, des PME et de l’entreprenariat national. Tout ce beau monde prendre notamment part dans la capitale saoudienne à une session plénière pour étudier les moyens « de transformer le continent en la prochaine success story économique ».  

L’Europe, l’Inde, le Brésil et même les Etats-Unis qui était en première ligne des critiques après l’éclatement de l’Affaire Kashoggi, ont répondu à l’invitation de Mohammed Ben Salman. Une forte affluence donc. En effet, il n’est de secret pour personne que cette édition 2019 du « Davos du Désert », vise surtout à redorer l’image écornée de MBS dont l’implication dans le sordide assassinat du journaliste saoudien a été avérée.  Mais comme le déplore les organisateurs de défenses des droits de l’homme, les pétrodollars et les affaires, passent avant tout. Des affaires qui ne vont pas si bien que ça du côté de Riyad qui a monté une certaine fragilité après l’attaque de ses sites pétroliers dans l’est du royaume. Les tensions politiques avec ses voisins et le conflit yéménite auquel prennent part les troupes saoudiennes, n’arrangent pas les choses.  

Ce forum économique avait en effet pour finalité, d’explorer des pistes afin de diversifier l’économie de l’Arabie Saoudite très dépendante de l’or noir. Le développement du tourisme est l’un des piliers de cette restructuration de l’économie saoudienne.  S’ils sont nombreux à Riyad, les investisseurs ne sont pas encore très emballés par la nouvelle vision de MBS. Les projets liés à l’énergie sont encore les plus prisés. Il va falloir peut-être attendre une prochaine édition et que l’ombre de Kashoggi se dissipe définitivement pour que les affaires reprennent.

Boniface T.