Crise au Mali: La CEDEAO rappelle qu’elle n’est favorable à « aucune forme de changement non constitutionnel »

Bamako (© 2020 Afriquinfos)- Après une précédente mission le 18 juin dernier, la CEDEAO a dépêché de nouveau son équipe de médiation au Mali ces derniers jours. Au sortir des pourparlers, les contestataires du pouvoir du Président IBK rejettent les propositions de sortie de crise. Conduite par l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan, les médiateurs ont rappelé à cette occasion un certain nombre de principes doctrinaires et intangibles de la CEDEAO.

L’ancien président du Nigeria, Goodluck Jonathan, au cours d’une conférence de presse tenue, dimanche 19 juillet, a livré le contenu du communiqué final de sa mission de sortie de crise. Dans son communiqué, la médiation recommande de « rendre opérationnelle la Cour Constitutionnelle et de mettre en place un Gouvernement d’union nationale avec la majorité présidentielle, l’opposition et la société civile ».

Pour la CEDEAO, la dissolution directe de l’Assemblée nationale n’est pas la meilleure façon de résoudre cette crise. Et Goodluck Jonathan de préciser : « Ce qu’il faut, c’est une nouvelle Cour Constitutionnelle avec six membres ». Ce qui est vu du côté du « Mouvement du 5 juin » comme un alignement sur la position du président Ibrahima Boubacar Keita.

Après 72 heures de médiation, l’ancien président nigérian a aussi appelé au respect des calendriers électoraux. « Si nous votons pour une personne, il faut patienter avant la fin de son mandat. C’est cela la démocratie », a indiqué Goodluck Jonathan.

La CEDEAO écarte toute ambiguïté en des termes clairs sur la durée des mandats au Mali comme dans un autre Etat de la sous-région: « Aucune forme de changement non constitutionnel ne sera acceptée ». Le chef de mission a expliqué dans ce sens que les deux parties maliennes règleront la question du quorum, recommandant cependant que « trois des six membres de la Cour soient nommés par le président de la République et trois autres par les membres du Conseil Supérieur de la magistrature ».

Dans le fond, les trois (03) membres de cette Cour qui seront nommés par le président IBK devront être choisis sur une liste de 5 à 7 personnes proposées par les forces vives de la Nation.

Pour la CEDEAO, la Cour qui sera constituée se penchera sur la révision de l’arrêt de proclamation des résultats définitifs des législatives et cette Cour à six membres supervisera les législatives partielles pour les 31 sièges contestés dans les circonscriptions électorales litigeuses, dont celui de l’actuel Président de l’Assemblée nationale. Le reste des membres de la Cour constitutionnelle sera nommé après les législatives partielles et la mise en place du nouveau bureau de l’Assemblée nationale, selon l’esprit et la lettre des propositions de la CEDEAO.

En ce qui concerne le prochain gouvernement consensuel, l’organisation ouest-africaine recommande une équipe composée de 50% de la majorité présidentielle, 30% de l’opposition et 20% de la Société Civile. « Un gouvernement intérimaire n’est pas envisageable », a indiqué Goodluck Jonathan. Car aux yeux de ce dernier, un gouvernement intérimaire ne construit pas de routes, d’hôpitaux, d’écoles… « Aucune organisation internationale ne travaillera avec un gouvernement intérimaire », a prévenu le médiateur.

Les contestations restent fortes

Le M5-RFP (Mouvement du 5 juin) pour sa part, a rejeté le contenus du communiqué final de la médiation. Interpellé sur la question, Goodluck Jonathan reconnaît la difficulté : « Nous n’avons pas pu trouver un terrain d’entente », a-t-il regretté. L’ancien président du Nigeria affirme qu’au «lieu de se focaliser sur la démission du président IBK, le M5- RFP doit plutôt se demander : « Qui sera le prochain président ? ». Avant d’estimer que celui qui va diriger un « Gouvernement intérimaire » pourra étendre son mandat en trouvant des excuses, notamment le terrorisme…

Le groupe de médiation était composée entre autres de Kalla Ankoura, ministre des Affaires Étrangères du Niger, de Jean-Claude Kassi Brou, Président de la Commission de la CEDEAO et du Général Francis Awagbè Behanzin, Commissaire en charge des Affaires Politiques, de la Paix et de la Sécurité de la Commission de la CEDEAO.

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