Côte d’Ivoire: Human Rights Watch appelle au respect de la liberté d’expression des partis politiques opposés au référendum

Abidjan (© 2016 Afriquinfos) – Dans une déclaration faite par Corinne Dufka, Directrice adjointe de la division Afrique de Human Rights Watch, elle appelle le gouvernement ivoirien au respect de la liberté d’expression et d’association des partis politiques opposés au projet de constitution à l’approche d’un référendum national sur ce texte, prévu le 30 octobre 2016.

«Les partis politiques et tous les Ivoiriens ont le droit d’exprimer leur sentiment sur le nouveau projet de constitution», a déclaré Corinne Dufka. «Le gouvernement doit s’assurer que ceux qui soutiennent le nouveau texte, comme ceux qui y sont opposés, puissent faire entendre leur voix», a-t-elle ajouté. D’après l’opposition, le référendum renferme des dispositions qui renforceront considérablement le parti au pouvoir.

L’opposition rejette la nouvelle Constitution

Au cours de la période précédant la campagne référendaire, les forces de sécurité ont par  dispersé une foule de manifestants opposés à la constitution et plusieurs dirigeants de l’opposition ont été détenus. En sept jours de campagnes, des ressources insuffisantes, un manque d’accès aux médias contrôlés par l’État, et la suspension, à la veille de la campagne, de deux journaux proches de l’opposition, les partis d’opposition ont du mal à défendre leur point de vue auprès de l’opinion publique.

Tandis que les partis d’opposition rejettent la nouvelle constitution dirigée par le président Allassane Ouattara et appellent leurs partisans à boycotter le vote,  le gouvernement affirme que ce nouveau texte permettra de tourner la page des années des violences politiques et de moderniser la constitution.

La nouvelle constitution crée le poste de vice-président et une seconde chambre législative, le sénat, dont un tiers des membres sont nommés par le président. Il supprime également la limite d’âge imposée aux candidats présidentiels.

Si la limite de deux mandats présidentiels est maintenue, le président n’est pas obligé à soumettre à référendum tous les amendements constitutionnels proposés, lui donnant comme alternative une approbation par un vote des deux tiers de l’Assemblée nationale et du nouveau sénat. Les partis d’opposition affirment qu’il sera plus facile pour les présidents d’imposer de futurs amendements constitutionnels.

Le porte-parole du gouvernement ivoirien, Bruno Koné, a déclaré à Human Rights Watch qu’il revient au ministère de l’Intérieur d’évaluer les risques posés par une manifestation spécifique et de déterminer ensuite si elle peut être autorisée.

Les recommandations de Human Rights Watch

Le gouvernement de la Côte d’Ivoire doit veiller à ce que les manifestants opposés à la constitution puissent organiser des rassemblements et des manifestations pendant et après la période de campagne électorale, a déclaré Human Rights Watch. Les groupes d’opposition devraient également avoir accès aux médias d’État, en particulier compte tenu de la brièveté de la période de campagne selon l’institution.

« Les Ivoiriens doivent être informés des forces et faiblesses de la nouvelle Constitution, a conclu Corinne Dufka. «Donner aux partis d’opposition un accès équitable aux médias, veiller au bon fonctionnement des médias d’opposition en l’absence de restrictions injustifiées, et respecter le droit de manifester pacifiquement sont des éléments déterminants de tout processus démocratique».

La nouvelle Constitution a été approuvée par l’’Assemblée nationale le 11 octobre dernier, avec 239 députés sur 249 votant «oui». Le texte proposé a été rendu public le 12 octobre.

Vignikpo Akpéné

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