Mort violente de deux Marocains dimanche dernier au Mali: Acte de jihadistes ou de bandits?

Deux camionneurs marocains ont été tués au Mali à plusieurs centaines de kilomètres au nord de Bamako, où ils acheminaient des marchandises, par des assaillants non identifiés, a-t-on appris dimanche de sources diplomatique marocaine et sécuritaire malienne.

Par ailleurs, la Mission de l’ONU au Mali (Minusma) a annoncé sur Twitter que trois de ses Casques bleus avaient été blessés samedi matin par un engin explosif près de son camp à Kidal, dans le nord-est du pays.

« Deux camionneurs marocains ont été tués samedi et un autre blessé par des hommes armés », a affirmé à l’AFP la source diplomatique marocaine, précisant qu’ils « venaient à Bamako avec des marchandises ».

« Des hommes armés ont assassiné deux Marocains et blessé un autre hier vers Didiéni. Ils étaient à bord de camions de marchandises qui venaient à Bamako », a indiqué à l’AFP une source sécuritaire malienne, précisant que « les deux corps ont été transportés à Bamako ».

Citée par l’agence marocaine MAP, l’ambassade du Maroc a fait état, outre le blessé, d’un quatrième chauffeur qui a également survécu, et indiqué qu’elle allait demander l’ouverture d’une enquête par les autorités maliennes « afin d’élucider les circonstances de cette attaque, et la prise de mesures qui s’imposent ».

La MAP affirme que les assaillants armés se cachaient derrière les arbres bordant la route, citant des témoins selon lesquels « ils étaient cagoulés, portaient des gilets pare-balles et disposaient d’appareils de communication sans fil ».

Il n’était pas établi dans l’immédiat si les auteurs de l’attaque, qui sont repartis sans emporter les marchandises, notamment des fruits, étaient des jihadistes ou des bandits.

Mais le même jour, dans l’après-midi, cinq personnes, dont quatre personnels de justice, y compris un juge, parties de Kayes (ouest) pour Bamako, ont été arrêtées sur la même route par de présumés jihadistes, a indiqué à l’AFP Moussa Drissa Guindo, premier secrétaire à l’organisation du Syndicat autonome de la magistrature (SAM).

« Arrivés à Sebabougou, ils ont été interceptés par les jihadistes, très nombreux et lourdement armés », qui leur ont « demandé de sortir du véhicule ».

Contrairement à ses compagnons de voyage, le juge, Sarafilou Coulibaly, a refusé de descendre. Il avait sur lui sa carte professionnelle de magistrat mais a également refusé de présenter une pièce d’identité, affirmant qu’il n’en avait pas, selon la même source. Après avoir tenté de le faire sortir de force du véhicule, les jihadistes présumés ont finalement laissé repartir les passagers sans savoir à quelle profession ils appartenaient et « ils sont arrivés à Bamako sains et saufs », a souligné M. Guindo.

Les enlèvements et disparitions représentent plus de 40% des violences contre les civils au Mali recensées dans le dernier rapport trimestriel de la division des droits de l’Homme de la Minusma. Environ 70% de ces rapts sont attribués aux jihadistes, selon la même source. Les juges, comme les fonctionnaires en général, sont exposés au risque d’enlèvement lorsqu’ils prennent la route sans garde ou escorte militaire.

Depuis le déclenchement de rébellions indépendantiste et jihadiste dans le Nord en 2012, le Mali est plongé dans une tourmente multiforme qui a fait des milliers de morts, dont de très nombreux civils, malgré le soutien de la communauté internationale et l’intervention de forces de l’ONU, françaises et africaines.

Ces violences se sont entremêlées à des conflits intercommunautaires et à des attaques crapuleuses, en particulier dans le centre du pays, qui compte pour plus de la moitié des violences envers les civils, selon la Minusma.

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