Qui est Fadji Maina, la Nigérienne de la NASA ?

Niamey (© 2020 Afriquinfos)- Le Président de la République du Niger, Issoufou Mahamadou s’est entretenu ce mercredi 02 septembre 2020 avec Dr Fadji Maina, la 1ère scientifique nigérienne à travailler à la National Aeronautics and Space Administration (NASA). Le président Issoufou entendait par ce geste féliciter et encourager la jeune scientifique de 29 ans pour son brillant parcours  qui l’a conduite à intégrer, le 27 août 2020, l’Agence gouvernementale responsable de la majeure partie du programme spatial civil des États-Unis. 

 Ses compatriotes n’ont d’yeux que pour elle ces derniers jours car elle fait la fierté du plus vaste Etat ouest-africain souvent présenté dans les médias internationaux «comme l’un des plus pauvres au monde et en Afrique». Selon le Chef de l’Etat nigérien, Dr Fadji Maina est une fierté nationale qui doit servir de modèle à la jeunesse nigérienne. En l’occurrence la gent féminine pour laquelle compte se battre de toutes ses forces la scientifique émérite du Niger.  

De son vrai nom Fadji Zaouna Hassane M. Maina, cette scientifique a fait de la scolarisation des filles nigériennes une bataille quotidienne après sa réussite académique. Car, soutient-elle, «on ne doit pas rester muets et impuissants face à ce fléau qui touche une grande majorité de jeunes filles nigériennes. L’éducation va sûrement permettre de changer leur destin». Pour elle,  il s’agira de sensibiliser «les familles d’inscrire leurs filles à l’école ou encore de les laisser poursuivre leurs études» le plus loin possible. 

Née en 1991 au Niger, Fadji Maina a grandi à Zinder. Elle y a étudié jusqu’au Lycée puis est entrée à l’Assemblée Nationale en tant que Députée junior, une expérience très enrichissante dans une tribune d’apprentissage dédiée aux jeunes élites du pays. Cette expérience lui a permis de prendre part aux mécanismes de décisions aux plus hautes instances de l’Etat. Dr Fadji Maina a ensuite fait une licence à l’Université de Fès au Maroc, avant de la compléter par un Master en Génie et  Sciences de l’Environnement en 2013 à l’Université de Strasbourg.  

Lorsque «j’obtiens la bourse de coopération française pour étudier à l’Université de Strasbourg,  j’avais plusieurs idéaux, celui notamment de relever les défis à travers la possibilité d’une thèse en Hydrogéologie qui me permettrait de devenir experte en la matière, un domaine que j’aime énormément d’une part, mais aussi parce que cette dernière allait me permettre de réaliser un autre rêve du domaine de l’enseignement supérieur d’autre part», se rappelle cette Nigérienne au parcours original. «J’ai toujours été passionnée par la recherche, qui est à la croisée de tous les challenges, qui conduisent à trouver des solutions aux problèmes non résolus», détaille encore Fadji Maina pour justifier ses choix scientifiques. 

Dr Fadji Maina s’inscrira par la suite en thèse. Parce qu’elle a toujours eu de grands rêves, elle s’est offerte les moyens de les réaliser.  «J’ai alors saisi l’opportunité d’une offre de thèse proposée et financée par le Commissariat à l’Énergie Atomique et aux Énergies Alternatives (CEA) en collaboration toujours avec l’université de Strasbourg pour commencer une thèse en octobre 2013, qui portait sur la modélisation hydrogéologique. J’ai ainsi développé des outils qui permettent de mieux caractériser les aquifères et leurs recharges (alimentation)… J’ai soutenu ma thèse le 29 septembre 2016, une thèse qui a été qualifiée d’«exceptionnelle par le jury», résume la passionnée des sciences en évoquant sa vie doctorale. 

Puis, elle a poursuivi ses recherches au Laboratoire d’Hydrologie et de Géochimie de Strasbourg (CNRS) en 2017. Et se rendra au Politecnico di Milano en Italie. En 2018, elle a gravi une échelle supplémentaire en rejoignant aux Etats-Unis la prestigieuse Lawrence Berkeley National Laboratory en Californie en tant que chercheure postdoctorale. La suite, ses compatriotes la connaissent. 

 

 Akpene Vignikpo 

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