Libye: Erdogan s’affirme davantage aux cotes de Sarraj

Ankara (© 2019 Afriquinfos)- la Turquie était prête à envoyer des troupes en Libye pour soutenir le Gouvernement d’union nationale (GNA) de Fayez al-Sarraj, selon une déclaration du président Recep Tayyip Erdogan faite ce 10 décembre 2019, aux termes d’un récent accord signé entre les deux parties.

« Si la Libye formule une telle demande, nous pourrons envoyer nos personnels (militaires), surtout que nous avons conclu un accord militaire », a déclaré M. Erdogan.

L’accord « de coopération militaire et sécuritaire » a été signé le 27 novembre lors d’une rencontre à Istanbul entre MM. Erdogan et Sarraj. Selon Ankara, ce protocole « est une version plus large » d’un accord-cadre de coopération militaire existant entre les deux parties. Il « renforce les liens entre » les deux armées.

La Turquie et le Qatar soutiennent Fayez al-Sarraj. L’Italie, ancienne puissance coloniale en Libye, semble aussi en sa faveur.

Son rival Khalifa Haftar, homme fort de l’Est libyen dont les forces ont lancé en avril une offensive contre la capitale Tripoli, bénéficie de son côté du soutien de l’Egypte et des Emirats arabes unis et d’un appui au moins politique, notamment des Etats-Unis et de la Russie. La France a été accusée de le privilégier, ce dont elle se défend.

M. Erdogan a affirmé que les forces de Haftar bénéficiaient aussi « du soutien d’une compagnie de sécurité russe qui s’appelle Wagner. Cette compagnie a envoyé des personnels sur place », a-t-il ajouté. M. Erdogan semble ainsi donner du crédit à des informations de presse, démenties par Moscou, sur la présence de mercenaires russes en Libye.

Le journal américain New York Times avait en effet fait état début novembre du déploiement en Libye de près de 200 mercenaires du groupe Wagner, entreprise russe de sécurité privée.

Outre l’accord militaire, la Turquie et le GNA avaient également conclu le 27 novembre un accord de délimitation maritime qui permet à Ankara de faire valoir des droits sur de vastes zones en Méditerranée orientale convoitées par d’autres pays, notamment la Grèce.

M. Erdogan avait affirmé lundi 9 décembre au soir que la Turquie et la Libye pourraient mener des activités d’exploration conjointes au large de Chypre, dans une zone qui recèle d’importants gisements de gaz, à la faveur de cet accord.

La Grèce, qui a expulsé l’ambassadeur libyen à Athènes le 6 décembre, a appelé les Nations unies à condamner cet accord, qu’elle qualifie de « perturbateur » pour la paix et la stabilité dans la région.

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