L’intégration régionale d’Afrique de l’Est est en marche

 

La réunion du Conseil des ministres de la CAE, prévue en août prochain, doit préparer le terrain en vue de l’adoption du protocole par les dirigeants des États membres, trois mois plus tard, a indiqué la secrétaire d’État chargée des Affaires est- africaines, Phyllis Kandie, lundi à Nairobi, à l’occasion du 3e anniversaire de la conclusion du protocole sur le marché commun.

« Les États partenaires sont actuellement dans la phase d’harmonisation de leurs textes de loi, particulièrement en matière de commerce, afin de s’adapter aux dispositions du protocole sur le marché commun et d’éviter tout conflit de lois entre le droit national et les accords de commerce régionaux, » a-t- elle ajouté.

« Nous sommes toutefois confiants en la capacité de la Communauté de l’Afrique de l’Est de progresser avec régularité vers le troisième pilier de l’intégration, qui est l’Union monétaire, maintenant que le rêve d’un Marché commun est devenu réalité ».

Les experts économiques, qui ont participé au forum, ont exhorté la région d’Afrique de l’Est à accélérer le commerce inter- africain, estimant que le commerce régional est le meilleur moyen de parvenir à un développement économique rapide.

Le commerce inter-régional a progressivement augmenté ces dernières années, comme le montre un récent rapport indiquant que le Kenya a surpassé les puissances émergentes d’Asie en termes d’investissement en Afrique de l’Est.

Cette partie du continent africain attire de plus en plus d’investisseurs, en raison de l’amélioration du climat des affaires ainsi que de la découverte en Ouganda, au Kenya et en Tanzanie de gisements de pétrole et de gaz commercialement exploitables.

Le bon déroulement des dernières élections kényanes en mars a également favorisé une forte hausse de la confiance des entreprises, en éloignant toute perspective d’instabilité politique.

Le protocole sur le marché commun est entré en vigueur le 1er juillet 2010, permettant à la libre circulation des biens, de la main-d’oeuvre et du capital d’encourager les investissements économiques entre les États membres, à savoir le Kenya, l’Ouganda, la Tanzanie, le Burundi et le Rwanda.

Le Traité pour l’établissement de la CAE, entré en vigueur en 2000, a pour objectif principal de développer des politiques et des programmes visant à élargir et à renforcer la coopération entre les États membres, notamment aux niveaux politique, socioculturel, militaire et sécuritaire, de manière à bénéficier à tous.

La CAE prévoit de s’appuyer sur quatre piliers d’intégration régionale : une union douanière, un marché commun, une union monétaire et à terme une fédération politique.

Mme Kandie a, en outre, souligné que la notion de marché commun a permis à toute la région de s’ouvrir au commerce et à d’autres échanges profitables pour les citoyens des pays membres, tout en fournissant aux entrepreneurs un marché de plus de 135 millions de personnes dont le PIB total dépasse les 85 milliards de dollars américains.

Depuis le lancement du marché commun, le commerce au sein de la CAE n’a cessé d’augmenter, les exportations kényanes dans la région s’élevant à 1,6 milliards de dollars américains en 2012, contre 1,2 milliard en 2010 et 750 millions en 2004. Les importations kényanes en provenance des autres pays membres de la CAE ont aussi progressé, atteignant 350 millions de dollars américains en 2012, comparé à 240 millions en 2010 et à 23 millions en 2004.

En vue d’améliorer l’efficacité de la réduction des barrières douanières dans la région, le Kenya a d’ores et déjà pris des mesures audacieuses en réduisant de 36 à 5 le nombre de barrages existant entre le port de Mombasa et la ville frontalière avec l’Ouganda, Malaba, le long du corridor nord, tout en privatisant et réduisant à deux le nombre de ponts-bascules.

Le secrétaire d’État kényan chargé de l’intégration de la CAE, Barack Ndegwa, a souligné que le processus d’intégration est progressif et ne se fait pas en une seule fois. « Malgré les gains obtenus, la lenteur de la mise en application de cette politique par les États membres continue de représenter un grand défi pour le processus d’intégration. Les procédures, règles et réglementations douanières font encore de l’Afrique de l’Est un endroit relativement difficile pour mener ses affaires, » a indiqué M. Ndegwa.

Le PDG de l’Association kényane des producteurs, Betty Maina, a déclaré que la question des permis de travail et des licences accordées aux professionnels dans une partie des États membres de la CAE représente un défi important pour réaliser la liberté de mouvement et de travail à travers la région.

« Quelques pays demandent encore des permis de travail et d’autres documents administratifs du même ordre. Même si le Kenya a ouvert son secteur tertiaire aux autres États membres depuis 2010, ces derniers n’ont pas fait de même avec les Kényans, » a constaté M. Maina.

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