Aide publique au développement : la CNUCED fait un recadrage

New York (© 2019 Afriquinfos)- La Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) a publié cette semaine, son rapport 2019 sur les pays les moins développés. Dans le document, elle met en garde contre l’aide publique au développement qui selon elle fait plus de mal que de bien aux pays les moins avancés.

En l’état actuel des choses, l’aide au développement est loin d’être efficace pour lutter contre la pauvreté et permettre aux pays les moins avancés de s’engager sur la voie du développement. C’est la CNUCED qui le dit dans son dernier rapport et dans lequel il invite la communauté internationale à adopter une autre posture dans ses relations avec les PMA.

Un tiers des pays en développement sont surendetté en raison de la structure actuelle des aides qu’ils reçoivent des donateurs traditionnels, ONG, philanthropes, entités du secteur privé participant à la coopération au développement, des sources de financement du développement provenant d’autres pays en développement. Selon la CNUCED, la composition sectorielle de l’APD continue d’être biaisée en faveur des secteurs sociaux, qui absorbent 45 % de l’aide totale, alors que les secteurs de l’infrastructure économique et de production souvent prioritaires dans les politiques nationales de développement-ne reçoivent respectivement que 14 % et 8 %. Ce qui fait que 60 ans après le démarrage des aides, les objectifs de développement durables sont loin d’être atteints et nombre de PMA sont dépendants de ces aides.

Pour redresser la barre, l’organe onusien préconise que les pays concernés se concertent avec les sources de financement pour aligner les programmes, projets et activités financés sur les plans et priorités nationaux de développement, et faire respecter la responsabilité mutuelle dans les pratiques, la collecte de données, l’établissement de rapports, les normes de transparence et de suivi. Ils doivent en outre, mobiliser et allouer les fonds nécessaires à l’investissement à long terme dans de nouveaux secteurs et activités productifs, ainsi qu’aux investissements entrepris pour la modernisation technologique et organisationnelle des secteurs et unités de production existants. Quant aux donateurs, ils doivent orienter leurs allocations d’aide en fonction les plans de développement nationaux des PMA et en utilisant les systèmes nationaux existants tout en évitant de créer des unités de mise en œuvre indépendantes et des procédures de responsabilisation qui ne relèvent pas des structures de l’État bénéficiaire. Ce n’est qu’à ce prix que l’aide pourrait être considérer comme telle et véritablement contribué à l’essor des PMA.

Boniface T.