Tchad/Le président réagit suite aux manifestations dues à la montée du prix de pétrole

Le chef d’Etat tchadien Idriss Déby a décidé de réagir aux manifestations du 11 novembre dernier en se rendant lui-même vendredi dans la raffinerie de Djermaya. Là, il a constaté publiquement les écarts qui existaient entre ce qui sortait de la raffinerie et ce qui était commandé pour approvisionner les pompes.

D’après Idriss Déby, ce sont des dizaines de citernes qui partent en Centrafrique et au nord du Nigeria.

Du carburant détaxé dont le prix était plus concurrentiel que celui fixé par l'Etat centrafricain : l'essence tchadienne était à 500 francs CFA le litre, alors qu'en Centrafrique, le gouvernement l'avait fixé à plus de 800 francs.

Selon RFI, depuis l'offensive de la Seleka sur Bangui, la plupart des stations-service situées hors de la capitale ont été détruites. Et avec l'insécurité, les transporteurs basés en Centrafrique n'approvisionnent plus les provinces du pays. À Birao, c'est donc vers le Soudan que la population se tourne. À Paoua, vers le Cameroun. Mais à Ndélé, Kaga-Bandoro, Batangafo, et dans les villes encore contrôlées par la Seleka, c'est encore du Tchad que provient le carburant, malgré la fermeture de la frontière.

Idriss Déby ne semble plus rien ignorer de ce trafic. Lors de sa visite à la raffinerie de Djermaya, le président tchadien a lui-même évoqué une autre destination : le nord du Nigeria. Par ailleurs, le président de l'Assemblée nationale a convoqué le ministre du Pétrole et les représentants de l’organe de régulation de la distribution des produits pétroliers, l’ASART, pour répondre aux questions des députés. Ces derniers ont eux-mêmes lancé une mission d'enquête sur les raisons de ces pénuries au Tchad.

Des mesures ont été prises, a assuré le président Déby lors de sa visite de la raffinerie, pour supprimer les intermédiaires et acheminer le carburant tchadien directement dans les stations-service du pays. Mais l'opposition se dit sceptique par rapport à ces mesures : « Le monopole de la distribution de carburant a été octroyé par le pouvoir à des commerçants qui sont presque tous proches du président de la République. Forts de ce monopole, ils font ce qui leur plaît », affirme Ali Golhor, l'un des porte-paroles de la Coordination des partis politiques pour la défense de la Constitution (CPDC).

P. Amah

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