Tchad: Idriss Deby Itno en piste malgré les cris d’orfraie de ses opposants

Près d’une dizaine de chefs d‘états et de Gouvernements africains et européens comme la France ont pris part à cette cérémonie dans un contexte de fortes tensions dans le pays (un mort dimanche au cours d’une manifestation à l’appel de l’opposition qui conteste la victoire du président à la présidentielle d’avril dernier, élection qu’elle qualifie de «hold-up électoral».

Selon le chef de file de l’opposition, Saleh Kebzabo, le jeune manifestant mort a succombé à ses blessures après «des tirs à balles réelles des forces de l’ordre» pour disperser les manifestants. Un autre jeune a également été «touché par une balle au thorax» avant d’être conduit à l’hôpital pour être opéré, a-t-il ajouté. Une information qui n’a cependant pas été confirmée par des sources indépendantes.

Le Front de l’opposition nouvelle pour l’alternance et le changement (Fonac), constitué de 29 partis politique de l’opposition, avait appelé à une journée “Ville morte sur l’ensemble du territoire” ce lundi 08 août, jour de la cérémonie d’investiture du Président. Des rassemblements ont également eu lieu dans plusieurs villes du pays samedi et dimanche derniers, malgré une interdiction des autorités.

Le pays vit au rythme de manifestations cycliques depuis la victoire d’Idriss Déby à la dernière présidentielle. Des manifestations souvent très violemment réprimées par la police.

Contestation verbale des opposants tchadiens  

Vendredi dernier, des opposants avaient annoncé le dépôt, devant la Haute Cour de justice, d’une plainte pour «haute trahison» contre le Président tchadien. Parmi les sept griefs invoqués : «prise illégale du pouvoir par la violence», «violation grave des droits de l’Homme» ou encore «détournement de fonds publics et corruption».

Les partis de l’opposition qui demandent à la Communauté internationale de reconnaître «la nature dictatoriale» du régime d’Idriss Deby, reprochent notamment à la France, ancienne puissance coloniale, de fermer les yeux sur les «violations des droits de l’Homme» à l’intérieur du pays, allié actif des Occidentaux dans la lutte contre le groupe islamiste nigérian Boko Haram.

Le pays vit au rythme des manifestations inédites et des tensions sociales depuis le début de l’année, causés par le contexte économique fragilisé par la chute des cours du baril du pétrole. A titre d’exemple, les fonctionnaires, dont les salaires sont payés avec beaucoup de retard, multiplient des grèves depuis plusieurs mois, paralysant ainsi l’administration.

BELLA EDITH

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