Michelle Bachelet attendue jeudi dans l’Est de la RDC ville gangrénée de  violences

New York (© 2020 Afriquinfos)- Ituri, l’est de la République démocratique du Congo où des centaines de civils ont été massacrés depuis fin 2017, s’apprête à recevoir jeudi la Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme Michelle Bachelet.

Cette province où les violences s’intensifient depuis fin 2017, pourrait représenter des « crimes contre l’humanité » voire un « génocide », selon un rapport de l’ONU publié le 10 janvier.

En attendant, l’armée congolaise a de son côté annoncé lundi avoir « neutralisé » dans cette province 12 assaillants d’un groupe armée qui terrorise les civils.

L’ancienne présidente chilienne visitera un camp de déplacés et rencontrera des « victimes de tortures et de violences sexuelles », a indiqué lundi le communiqué de l’ONU.

« Au moins 701 personnes ont été tuées » en Ituri depuis fin 2017, selon l’enquête du bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH). Le conflit oppose deux communautés de l’Ituri, les Lendu, majoritairement agriculteurs, et les Hema, éleveurs et commerçants, dans cette province frontalière de l’Ouganda connue pour son or et son pétrole.

« La grande majorité des victimes semble avoir été visée en raison de leur appartenance à la communauté hema », avec 402 tués entre décembre 2017 et septembre 2019, selon cette enquête.

Mme Bachelet rencontrera sur place des représentants des deux communautés, ainsi que les autorités locales. Elle se rendra ensuite à Kinshasa où elle rencontrera le président de la République Félix Tshisekedi à la fin de son séjour le 27 janvier.

En Ituri, l’armée congolaise a fait état de combats dimanche et lundi avec un groupe armé pro-lendu connu sous le nom de Coopérative de développement économique du Congo (Codeco), sous la direction présumée d’un certain Ngudjolo. »Douze assaillants ont été neutralisés lors des combats entre l’armée et la milice Codeco », a indiqué l’armée lundi matin, en accusant la Codeco d’avoir attaqué des positions de l’armée dimanche et lundi. Samedi, l’armée avait annoncé la mort de quatre assaillants et de deux militaires.

Xavier-Gilles CARDOZZO