Lutte anti-terrorisme: les pays du Sahel plaident pour plus de moyens à l’Elysée

Paris (© 2019 Afriquinfos)-Une trentaine de chefs d’État et de gouvernement parmi lesquels le Tchadien Idriss Deby, le Nigérien  Mahamadou Issoufou et le Malien Ibrahim Boubacar Keïta prennent part au deuxième Forum de Paris sur la paix se tient jusqu’au jeudi 14 novembre dans la capitale française.

D’après l’Élysée, le président français a souhaité profiter de leur présence pour faire un point d’étape sur la situation sécuritaire et sur le G5 Sahel. Autres sujets à aborder à cette rencontre, la défense du multilatéralisme, et les grands défis internationaux. Concernant l’Afrique.

Les dirigeants du Mali, du Niger et du Tchad ont défendu leur action dans la lutte contre le terrorisme lors d’une discussion publique. Au-delà des actions militaires nécessaires pour contrer les groupes armés, les trois chefs d’État ont insisté sur l’importance du développement, car la pauvreté est, selon eux, le carburant du terrorisme.

Le président tchadien Idriss Déby affirme pourtant ne pas avoir connaissance d’engagements forts de la part de leurs différents partenaires, qui puissent aller directement aux populations des zones vulnérables. En revanche, il en existe au niveau du G5 Sahel, affirme son homologue du Niger. Mais les moyens manquent, selon Mahamadou Issoufou.

La-rencontre-ci intervient dans un contexte particulier, les attaques d’ampleur n’ont cessé de se multiplier ces dernières semaines au Mali, au Burkina Faso. Quelle réponse apporter alors à cette escalade meurtrière ? Les quatre chefs d’État devraient notamment échanger autour des annonces faites la semaine dernière par la ministre française des Armées Florence Parly, qui avait déclaré que des forces spéciales seraient mises à disposition par des pays européens au Mali, en 2020, en soutien à l’armée nationale.

 « On entend souvent les critiques dire : « Le G5 Sahel n’a pas de stratégie, les chefs d’États du G5 Sahel n’ont pas de stratégie ». Nous avons une stratégie mais nous manquons de moyens pour la mettre en œuvre », affirme le président du Niger.

Les budgets des pays du Sahel sont notamment plombés par les dépenses en matière de défense et de sécurité, a poursuivi le président malien. Malgré le déploiement de forces internationales sur le terrain, Ibrahim Boubacar Keïta affirme que le monde est sourd à leurs appels à la solidarité.

« Nous nous sentons comme esseulés. On nous écoute avec politesse, avec un petit sourire entendu, mais à l’arrivée il n’y a pas grand-chose, déplore le président malien. Alors qu’en face de nous, nous avons des gens déterminés qui ont des ressources dans une guerre asymétrique à laquelle nos forces ne sont pas préparées ».

Pour le président malien, il en va pourtant de la survie du Sahel. « Nous faisons notre part, aidez-nous à tenir la route », conclut-il. En marge du Forum de Paris sur la paix, Emmanuel Macron a reçu à l’Élysée Ibrahim Boubacar Keïta, Mahamadou Issoufou et Idriss Déby pour un déjeuner de travail à l’issue duquel le président français a réaffirmé le soutien de la France dans la lutte contre le terrorisme au Sahel.

Xavier-Gilles CARDOZZO