L’ambassadeur de l’UE au Bénin traité de persona non grata

Cotonou, Ce mercredi, plusieurs sources diplomatiques béninoise et  européennes ont confié à l’AFP que Le gouvernement béninois a donné jusqu’au 1er décembre à l’ambassadeur de la mission de l’Union Européenne pour quitter le territoire, l’accusant d’ingérence dans les affaires de politique intérieure.

« Il (Oliver Nette) s’intègre beaucoup trop dans les affaires intérieures.

Il ne respecte pas son devoir de réserve de diplomate », a justifié une source diplomatique béninoise haut placée sous couvert d’anonymat.

 « Il a jusqu’au 1er décembre prochain pour partir du Bénin », a-t-elle ajouté. « Le Ministère (des affaires étrangères du Bénin) avait déjà plusieurs fois attiré son attention sur des excès, mais il a persisté. Il se disait  protégé par Bruxelles ».

 Une porte-parole européenne a expliqué à l’AFP que le service d’action  extérieure avait été informé le 20 novembre de la décision des autorités béninoises de retirer leur agrément à M. Nette, ressortissant allemand et chef  de la délégation de l’UE.

  « Pour l’UE, rien ne peut justifier une telle mesure dans les bonnes  relations globales qui existaient jusqu’à présent entre l’UE et le Bénin », a-t-elle déclaré.

 « Nous avons donc demandé d’urgence à nos partenaires béninois des  éclaircissements sur les raisons spécifiques de leur décision, mais nous ne les avons pas encore reçues à ce stade », a-t-elle précisé.

 Plusieurs sources diplomatiques européennes en poste à Cotonou, cette décision a été prise de manière brutale, sans convocation préalable, contrairement aux usages diplomatiques en vigueur.

Depuis fin avril, date des dernières  élections législatives, le Bénin traverse une crise politique auxquelles l’opposition n’avait pas pu présenter de  candidat. L’ancien président béninois et opposant Thomas Boni Yayi avait dénoncé une « parodie d’élections » et vit désormais en exil. Il a fait une visite éclair  dans le pays avec une délégation de la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) sans avoir rencontré le chef de l’Etat, malgré ce qu’avait annoncé la présidence.  Patrice Talon, élu en avril 2016, est accusé d’avoir engagé un tournant autoritaire au Bénin, pays modèle de la démocratie en Afrique de l’Ouest.

AFP